5e Festival d’Avignon à La Scala Provence
Cher public fidèle de la Scala Provence,
Venez faire danser le ciel, entrez dans la danse : notre bal d’été est ouvert.
Prenez part au vent de création qui traverse les quatre salles de La Scala Provence, mêlant disciplines, écritures et générations.
La création ne se décrète pas. Elle advient, parfois sous nos yeux, parfois dans un déplacement imperceptible du réel. C’est peu de chose, en apparence. Mais c’est souvent ainsi que tout commence.
Des artistes majeurs en portent l’élan : Delphine de Vigan, Valérie Donzelli, Thomas Fersen, Samuel Achache, Ariane Ascaride, Mathilda May, Pierre Guillois, Marie-Claude Pietragalla, Julien Derouault, Marion Motin, David Castello-Lopes, Catherine Lara, Martin Harriague, Robin Ormond, ainsi que le collectif Circus Baobab, que nous accompagnons depuis quatre ans. Ils ouvrent des espaces, produisent des intensités, déplacent le regard. Derrière eux, déjà, d’autres voix deviennent nécessaires.
Le théâtre de création traverse cette édition. Des écritures d’aujourd’hui, incarnées, persistantes.
Les Figurants, de Delphine de Vigan, mis en scène par Valérie Donzelli, déplace le centre du regard. Cette création verra le jour, en première mondiale, cet été à La Scala Provence.
Olympe(s), de Rachel Arditi et Justine Heynemann, déjà salué par la presse, s’annonce comme l’un des événements du festival.
Croire aux fauves, d’après Nastassja Martin, explore ce moment où l’identité vacille, et fut l’un des grands succès de La Scala Paris cet hiver, largement remarqué par la critique.
Peu importe, de Marius von Mayenburg, revient parce qu’il travaille encore, silencieusement.
Autour de ces écritures, d’autres formes : CUT ! de Mathilda May, Ceux qui restent de Camille Prioul, Brasser de l’air et s’envoler de Xavier Guelfi. Rien n’est homogène — et c’est très bien ainsi.
Deux artistes emblématiques sont également parmi nous.
Pierre Guillois, avec Bigre, déploie une mécanique d’une précision rare, où le silence circule plus fort que les mots. Ariane Ascaride, avecTouchée par les fées, introduit une autre qualité de temps, plus dense, plus humaine.
La transmission s’organise concrètement : la première promotion de l’École Supérieure des Arts du Rire entre en scène, et un Scala Comedy Club accueille de jeunes artistes, prêts à se confronter au public.
Un théâtre populaire se redessine, exigeant et adressé. Avec Le Tartuffe du Nouveau Théâtre Populaire, Molière redevient instable — et vivant.
Les corps prolongent ce mouvement. Après la chute, de Pietragalla et Derouault, regarde ce qui subsiste. Prométhée, de Martin Harriague, rouvre la question du feu.
Les frontières deviennent relatives. Théâtre, cirque, musique s’hybrident. Comme on quitte un imperméable, de Thomas Fersen mis en scène par Samuel Achache, se tient à la lisière.
Dans ce même mouvement, Yongoyely, dirigé par Kerfalla Camara, la présence de Marion Motin, l’ironie précise et le regard décalé de David Castello-Lopes, dont le spectacle observe notre époque avec une liberté réjouissante, ainsi qu’une représentation exceptionnelle d’Identités, de Catherine Lara, portée par la magie de son violon, prolongent l’élan.
Nous accueillons aussi la trilogie de Mickaël Délis, que nous accompagnons depuis le premier jour et qui continue d’enchanter les scènes des théâtres de France. Dans ce même esprit, notre compagnonnage avec le Lucernaire se poursuit avec LUMIÈRE ! et Le Garçon nuage.
Les œuvres circulent. Elles changent de lieu, donc de lumière.
Peu à peu, tout cela compose un paysage où l’on peut se reconnaître, ou se perdre un instant.
À La Scala Provence, les œuvres adviennent. On vous invite à assister à ce moment où quelque chose commence.
Mélanie et Frédéric Biessy